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Une Histoire mouvementée...

Ce nom, qui est aussi celui d'un archange dans la mythologie hebraïque, avait été utilisé par William SHAKESPEARE dans la pièce "La tempête" pour désigner un esprit aérien vaguement inspiré par Mercure, le messager des dieux romains. On ne sait pas exactement pourquoi ce nom fut adopté par la société ARIEL. Sans doute parce que la première société ARIEL, mentionnée pour la première fois en 1847, produisait des roues à bandages pneumatiques pour les charrettes à chevaux (donc contenant de l'air) en remplacement des bandages pleins utilisés jusqu'alors.

En 1870 James STARLEY et son associé William HILLMAN (qui sera plus tard plus connu pour ses voitures) reprirent le nom ARIEL pour la société qu'ils venaient de fonder à Bournbrook (Birmingham). Ils révolutionnèrent l'industrie du cycle par diverses innovations. Une des toutes premières fut l'utilisation de la roue à rayon acier pour des bicyclettes (qui étaient encore des Grands Bi). Ce type de roue avait été inventé par l'ingénieur aéronautique George Cayley. James STARLEY fut le premier à l'utilier pour des cycles, ce qui les rendaient beaucoup plus légers. Cette inovation fut suivi du cadre tout en métal (les premiers cycles avaient des cadres en bois). Les premiers Grands Bi, encore assez simple, furent mis en vente en 1871 et connurent rapidement un grand succès.
En 1872 STARLEY et HILLMAN se séparérent. James STARLEY poursuivi la production de ses bicyclettes innovantes, gagnant de nombreuses courses et établissant des records de vitesse. Il développa son entreprise avec son fils et s'intéressa également aux machines à coudre. En 1880 les Cycles Ariel entrèrent dans le capital de l'entreprise Rudge-Whitworth qui était elle-même un amalgame de plusieurs petites entreprises de production de cycles. Les principales d'entre elles étaint la Rudge Cycle Company et la Whitworth Cycle Company.
En 1885 Starley invente la Rover Safety Bicycle, une bicyclette aux deux roues de même diamètre dont l'arrière était entrainée par chaine. C'est la forme toujours employée aujourd'hui. C'est à cette même époque que le nom d'ARIEL disparait des magasins de bicyclettes
Le nom ARIEL réapparait en 1890 lorsqu'il est enregistré en tant que marque. Le premier véhicule produit était un Tricycle à moteur De Dion de 2,25 cv monté à l'arrière.
A la même époque, seul DUNLOP produisait industriellement des pneumatiques pour bicyclettes. Ces pneus étaient devenus l'équipement standard pour toutes les marques de bicyclettes produites en Grande-Bretagne. Ce mode de locomotion étant le plus répandu, cela représentait une mane pour DUNLOP. En 1896, parallèlement à la production de pneumatiques dont elle détenait le brevet, la firme DUNLOP décida de reprendre la fabication de bicyclettes en réactivant la Dunlop Cycle Company qui avait été abandonnée deux ans auparavant, lorsque les moyens de production avait été concentrés sur les pneumatiques. Comme on s'en doute, cela provoqua une vive inquiétude dans le monde des producteurs de bicyclettes. En effet ceux-ci se voyaient contraints de monter les produits de leur concurent sur leurs propres productions et ainsi de lui assurer une publicité gratuite !
La situation devenait gênante pour DUNLOP, et cela ne pouvait pas durer. C'est pourquoi DUNLOP décida de trouver un nouveau nom pour sa production de cycles.
Idéalement ce devait être un nom associé à Dunlop. ARIEL était un nom déjà associé avec les pneumatiques de la James Starley's Ariel Cycle Company et de plus il faisait partie d'un lot de marques enregistrées acheté précédement par DUNLOP. Une comparaison des logos d'ARIEL et de DUNLOP fait ressortir très peu de différences. Ceci était voulu pour maintenir le lien subconscient entre les deux marques. C'est ainsi que naquit "The Ariel Cycle Company"
Il existait depuis 1890 un consortium connue sous le nom de "Cycle Components Manufacturing" qui était un amalgame de plusieurs petits producteurs de cycles. Ce consortium, dirigé par Charles Sangster, fit l'acquisition d'Ariel Cycle Company en 1897 et la déplaça dans les ateliers de Dale Road. C'est de là que sortit en 1898 la première ARIEL motorisée, un tricycle, puis plus tard en 1901 la première moto équipée d'un moteur MINERVA de 211 cc.
ARIEL évolua rapidement en utilisant des monocylindres de moyenne et grosse cylindrée et occasionellement des V-twin. C'était soit des moteurs achetés auprès d'autres constructeurs, tels que MAG, J.AP., Blackburne et AKD, ou produits sous licence. En 1910 les monocylindres étaient principalement basés sur le 482 cc White and Poppe à soupapes latérales. Par la suite ce moteur fut directement produit par ARIEL sous licence jusqu'en 1926. De 1901 à 1916 ARIEL produisit également des voiturettes. La production de voiturettes fut transférée à Coventry en 1911.
En 1925, Charles Sangster prend la direction. Il se rend compte que les ARIEL sont des motocyclettes solides, mais qui manquent d'une certaine spécificité et de progrès technique. Il embauche de nouveaux spécialistes comme Victor Mole, Edward Turner et Vale Page, un transfuge de chez J.A.P. Val Page révolutionna les modèles à partir de 1926. Il commença par dessiner un moteur plus moderne et le résultat se fit déjà sentir à l'Olympia Show de Londres en 1926, où ARIEL présenta deux nouveaux modèles: 550 SV et 500 OHV qui firent rapidement la conquête du public. Ces machines se caractérisaient par le montage séparé du moteur et de la boîte de vitesses, la fourche avant trapézoïdale et le cadre inférieur double. La puissance du moteur de 10,3 kW (14 CV) permettait d'atteindre la vitesse maximum de 150 km/h.
Mais il fallu attendre 1927 avant qu'un cadre suceptible d'accueillir correctement ces moteurs soit enfin dessiné. Ces motos lancèrent alors la série des Red Hunter qui perdura jusqu'en 1959, lorsqu'ARIEL cessa la production des 4 temps.
Les modèles principaux étaient des monocylindres verticaux de 250 et 557 cc à soupapes latérales, des 500 cc culbutées et une 250 cc culbutée spécialement conçue pour contourner la taxation apliquée aux grosses cylindrées, ainsi qu'un modèle à 4 soupapes. En 1930 commença la mode des moteurs inclinés (Sloper)

En 1931, un autre ingénieur, Edward Turner, créa le 500 cc Square 4, un moteur à quatre cylindres en carré et soupapes latérales. La Square 4 vit sa cylindrée augmentée à 600 cc en 1932, ce qui augmentait la puissance pour l'utilisation d'un side-car.

Mais en 1932 la compagnie fit faillite suite à la crise de 1929 qui avait profondément marqué l'économie du pays.

Edward Turner et la 500 cc Square 4
Jack Sangster, le fils de Charles Sangster, racheta à bas prix les dettes d'ARIEL auprès des créancier. La compagnie fut renommée Ariel Motors (J.S.) Ltd, il rembaucha les meilleurs de l'ancienne équipe ARIEL et déplaça les ateliers 500m plus loin dans la même rue. La production repris peu après avec les monocylindres verticaux et la 600 cc Square 4. Tous ces moteurs étaient montés dans des cadres plus ou moins identiques. La classique ARIEL des années 30 fut sans conteste la 500 Red Hunter avec son réservoir chromé avec un tableau de bord encastré. A la fin des années 30 la Square 4 reçu un moteur culbuté, tout d'abord un 600 cc puis un 1000 cc en fonte. A la fin des années 40, ARIEL produisit une bicylindre 500 cc culbuté, la KH. Au début des années 50 le moteur en fonte de la Square 4 fut remplacé par un modèle en aluminium, le MK1 qui fut lui-même remplacé en 1953 par la version, devenue classique, à quatre sorties d'échappement, la MK2. L'année suivante toutes les ARIEL reçurent un bras oscillant, sauf la Square 4 qui garda son cadre coulissant jusqu'à la fin de la production en 1959.
En 1944 ARIEL passe sous le contrôle de BSA. En 1954 apparut la 650 Huntmaster dont le moteur était basé sur celui de la BSA A10, avec laquelle elle partageait beaucoup de pièces. La même année sortit également la petite 4 temps 200 c Colt.
En 1958 apparut le premier 2 temps ARIEL, la 250 Leader dont le cadre était entièrement carrossé, suivie en 1960 par une version plus dépouillée, la 250 Arrow. Un modèle avec un moteur de 200 cc sortit en 1964.
En compétition, ARIEL rencontra un grand succés en trial avec ses 350 et 500 cc HT et en moto-cross avec la 500 cc HS. Ces deux modèles étaient apparus en 1954. Pour gagner du poids les modèles HT avaient un moteur tout aluminium et un cadre spécial compétition. Le modèle HS avait le même cadre que les versions route mais il était fait en tubes Reynold. Tous ces modèles remportèrent de nombreuses victoires aux mains de pilotes comme Sammy Miller, Ron Langston et les champions de trial en side-car, Frank et Kay Wilkins.
En 1959 ARIEL/BSA prit la décision d'arrêter la production des 4 temps pour se concentrer sur les populaires Leader et Arrow.
En 1963 BSA ferma l'usine de Selly Oak et transféra la production à Small Heath. Cette même année sortit l'ARIEL Pixie. Prévue au départ pour un moteur 4 temps culbuté, BSA préféra utiliser le moteur de la BSA Beagle 50 cc dont la cylindrée avait été augmentée à 75 cc. Ce qui aurait pu devenir un succés à l'image de la Honda 50 ne fut qu'une machine sans caractère dont personne ne voulu.


Le dernier modèle à porter le nom ARIEL fut l'ARIEL 3, un parfait exemple de la politique de BSA dans son usage des marques. MAis le public ne s'y trompa pas et ce fut un flop, le dernier clou dans le cercueil de BSA.



Le nom ARIEL sera repris en 1999 par Ariel Ltd, un constructeur de voitures de sport. Cependant Ariel Ltd n'a aucun lien avec les motos ARIEL.

Pour plus d'informations je vous conseille la lecture de l'excellent livre de Peter Hartley "THE ARIEL STORY". Ce livre a été écrit par le fils de Lawrence Hartley qui a été longemps préparateur chez ARIEL. Vous pourrez le trouver ICI

L'ALBUM DE PHOTOS


SOURCES :
Ariel Owner Club UK
Ariel North America Motorcycle Club
Wikipedia

 



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